La Paroisse

UNE APPROCHE HISTORIQUE

 

L’histoire de l’actuelle paroisse de St Jean–Baptiste, dont la fondation se situerait vers 1735, commence à s’écrire à l’époque de la révolution. Toutefois, elle avait déjà un curé en 1741.

Au commencement du XIX siècle, l’église édifiée sur le bord de mer était desservie par l’abbé Bourgueil qui a émigré en 1804.

L’ancienne église, construite en pierre, longue de 23 mètres et large de 12 mètres dont l’extérieur, ni l’intérieur n’offrent un grand intérêt, a la forme d’une croix latine avec ses deux vastes chapelles.

Son architecture rappelle celle de l’église de St Claude ou de Petit-Bourg.

En 1820, l’abbé Simon Léon, vu l’état de décrépitude de l’église fit imposer la population pour la prolongation du presbytère qui devait servir d’église provisoire.

L’an 1825, sous le curé Randon, fut décidé que la prolongation du presbytère n’aurait pas lieu et que l’église serait rebâtie à neuf.

En 1827, l’abbé Limarola étant curé, fut procédé à l’édification de cet édifice qui, grâce à un impôt de 6 livres par tête de nègre, plus 3 livres supplémentaires, produisit la somme de 57.770,80 frs, prix de l’église bâtie sur l’emplacement de l’ancien presbytère.

 

SOUVENIR DE... 

 

L’église était  soigneusement tenue, les fidèles la fréquentent et l’entretiennent.

Trois tombes d’anciens curés se voient au chevet de l’église :

  • La plus ancienne du coté de l’Evangile porte le nom du frère Zachée.
  • Celle de l’abbé Troadec, mort en 1841, est près de la porte de la sacristie,
  • L’abbé Blanc, mort le 8 décembre 1857, est enterré à côté de la sacristie

 

 En 1841, l’abbé Pennetrat est nommé curé. A cette époque, il y a eu entre la fabrique et l’Administration un échange de terrain ; celle-ci a pris un emplacement sur les terres de la fabrique pour  y bâtir une prison communale vulgairement appelée « geôle » et a concédé en échange le terrain situé entre la maison de la famille de Longueville et la maison habitée par les sœurs de St Joseph.., emplacement sur lequel existait autrefois une batterie.

L’avenue de manguiers entremêlés de palmistes, plantée lors de la restauration de l’église, après 1843, nous conduit à la belle place du marché, où s’élevait jadis une batterie de canons en face de la mer.

La paroisse est placée sous le patronage de Saint Jean-Baptiste. Avec celle du Moule, elles sont les deux seules communes en Guadeloupe, qui le 24 juin, allument le « feu de la Saint Jean », béni au préalable par le curé en présence des autorités du lieu.

 

 

 

UNE PAROISSE QUI "ACCROCHE" 

 

En 1846, le curé en remplacement se nomme Joseph Antoine Chappe, né en 1805, devenu prêtre en 1828. Il arrive en Guadeloupe en 1843, venant de Paris où il était vicaire à Saint -Jacques-Du-Haut-Pas, curé de Goyave puis de Baie-Mahault. Son église est en bon état.

Il a dû pour célébrer convenablement, fournir lui-même les nappes d’autel et la lampe du Saint-Sacrement.

« On enterre les nègres sur les habitations, peut-être même à côté des mulets et des bœufs. Il serait pourtant bien qu’il soit différemment, à moins, relate le curé, qu’on veuille qu’ils soient pour toujours camarades et compagnons de tels animaux ! »

La population était de 90 libres et 4000 esclaves, pour les premiers 200 communiants et pour les autres 70. Face à ce petit nombre, il s’est employé à leur instruction. Il est accompagné de 29 hommes et 100 femmes.

Il regrette qu’il n’y ait pas encore d’école sur la paroisse. Cette attitude ouverte et libérale lui attiré les mauvaises dispositions de la commune qui lui a retranché 1000frs pour le « punir de ce que tous les nègres venaient régulièrement à l’instruction et remplissaient l’église »

Ce n’est pas tout : suppression également du casuel*, mais relate notre curé qui se glorifie d’être négrophile :

«  On a cru qu’en me coupant les vivres, je finirais par avoir l’esprit des habitants et je renoncerais à l’instruction religieuse. La paroisse entière est pour moi à part deux ou trois individus. Il faudrait brûler l’Evangile comme un livre dangereux et ne plus en parler, mais leur estime serait pour moi le derniers des opprobres ».

Il quitte la paroisse de St Jean-Baptiste en 1848.

L’abbé Briend lui succéda. Il fait démolir une chapelle bâtie aux frais du gouvernement et placée sur l’habitation l’Official pour faire deux chapelles latérales à l’église paroissiale.

Quelques années après, il acquiert une propriété au Calvaire et y fit construire une petite chapelle privée avec le projet d’en faire une église paroissiale.

Il fut question d’une histoire de presbytère en 1850/1851 qui mettait en opposition le curé et la municipalité de l’époque.

(voir plus bas histoire d’archives)

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« Le curé, le Père Offredo, a quitté la paroisse en 1928 avec l’autorisation de l’évêque – question presbytère encore – et départ dû aux suites tragiques du cyclone de 1928 : 

 l’église est renversée, le presbytère est détruit. Bien que Baie-Mahault ait été la seule commune à prévoir une église provisoire, elle n’est pas achevée et on ne peut donc pas y conserver le Saint-Sacrement. 

  

Il n’y a pas non plus de presbytère, aussi le curé a-t-il été autorisé à se reposer ailleurs. 

Le curé, le Père Liagre, logera longtemps sur la place publique dans une espèce de roulotte de forain. 

 Du temps s’est écoulé, des jours meilleurs sont venus, une église a été reconstruite, elle n’est pas encore livrée au culte et révèle des malfaçons. Il y pleut, les autels sont « affreux ». 

On voulait profiter de la Saint-Jean pour l’inaugurer, mais elle ne sera pas prête en 1930. 

 Ce n’est qu’en 1933 que Monseigneur Genoud bénira la nouvelle église. »

 

*rétributions perçues par le curé lors de cérémonies ou administration de sacrements

 

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